domaine de Kouskovo domaine de Kouskovo domaine de Kouskovo

Les images ainsi que certains commentaires et données informatives ci-dessous peuvent être extraits ou adaptés de guides de voyages, de brochures touristiques et de sites institutionnels ou personnels accessibles sur Internet.
Le crédit revient à leur(s) auteur(s) respectif(s).


Le domaine-musée de Kouskovo (Государственный музей керамики и «
 Усадьба Кусково XVIII в. »), situé à une dizaine de kilomètres au sud-est du Kremlin (station de métro Riazanski Prospekt + autobus, oulitsa Iounosti 2).

« Précieux morceaux de terre,
Kouskovo, aimable retraite,
Image de l'Eden... »


Ivan Dolgorouki (1817)
petit-fils de N. B. Chérémiétiev

"Земли лоскутик драгоценный –
КУСКОВО! Милый уголок,
Эдема сколок сокращенный…
"

Иван Долгорукий,
внук Н. Б. Шереметевой

Splendide domaine autrefois caché dans la campagne moscovite, l'élégante résidence d'été de Kouskovo (Усадьба Кусково) de style néo-classique fut, jusqu'à la Révolution, pendant plus de 200 ans, la propriété des Chérémétiev, une des plus riches familles aristocratiques de Russie. Avec son magnifique parc à la française, qui lui a valu le surnom de « Versailles moscovite » (« Подмосковный Версаль »), et bien que seuls trente des deux cents trente hectares d'origine n'aient été conservés, le domaine de Kouskovo donne une idée de la vie noble au XVIIIe siècle. Aujourd'hui, les ambassades (française et américaine en particulier) y organisent de fastueuses réceptions et des concerts de musique classique s'y déroulent fréquemment en été. Les différents pavillons du domaine abritent également de riches collections de céramiques et de porcelaines.

L'ensemble de Kouskovo apparut dans la deuxième partie du XVIIIe siècle, à la même époque que les majestueux palais de Saint-Pétersbourg : Tsarskoïe Selo et Peterhof. En 1715, le domaine appartenait à Boris Chérémétiev (1652-1719), général, feld-maréchal, diplomate et compagnon d'armes de Pierre le Grand. Les bâtiments actuels ont été construits à partir de 1743 par son fils, le comte Piotr Chérémétiev (1713-1788), grand-chambellan à la cour, après son mariage avec l'héritière Varvara Tcherkasskaïa (1759-1824). Son petit-fils, le comte Nicolaï (1751-1809), grand amateur de musique et d'art théâtral, achèvera de lui donner son aspect actuel. Parmi les 200 000 serfs du domaine figuraient deux architectes, Fiodor Argounov et Alexeï Mironov, qui jouèrent un rôle essentiel dans la réalisation du projet, probablement supervisé par Karl Blank.

        

De gauche à droite : le comte Piotr Borissévitch Chérémiétiev et la comtesse Varvara Chérémiétieva née Tcherkasskaïa, son épouse ; le comte Nicolaï Piétrovitch Chérémétiev et Praskovia Chéremétiéva née Kovalieva, son épouse d’origine serve (portraits d’Ivan et Nikolaï Argounov, serfs de Kouskovo, ce dernier étant le cousin de l’architecte Fiodor)

Le principal centre d'intérêt est le Palais (Дворец) à deux étages construit entre 1751 et 1777 sous la direction de Karl Blank. Dessiné dans un pur style classique, au bord d'un grand étang, il est entièrement en bois, « couleur d'aurore », rose saumon avec des colonnes blanches, recouvert de plâtre peint imitant la pierre. Le portique ionique central, flanqué de deux rampes d'accès en pente douce, est frappé du blason des Chérémétiev. L'intérieur, somptueux, est constitué de salons en enfilade faits pour la sociabilité et la fête. On y trouve également des salles de jeux (cartes, billards), une salle à manger pour les repas de galas, un bureau et une bibliothèque, quelques lits de repos mais le maître de maison n'y dormait pas. La grande salle de bal (Танцевальный зал) est remarquable par sa profusion de moulures dorées, de chandeliers de cristal, de miroirs, de panneaux sculptés.

   

   

Le Palais de Kouskovo. Ci-dessus, de haut en bas et de gauche à droite :
le vestibule d’entrée (faux marbre aux murs), la salle de musique verte et ses tapisseries,
la salle de dessin framboise, la galerie de portraits et son poêle en faïence.
Ci-dessous, la grande salle de bal et ses urnes en bronze, le bureau.

   

A part le Palais, sont conservés dans l'enceinte du domaine de Kouskovo l'Ermitage, l'église, la grotte, une maison hollandaise, une maison italienne, un chalet suisse, une ménagerie pour oiseaux chanteurs et une orangerie. Le jardin paysager anglais, la retraite du maître de maison, la tour chinoise, une maison turque et plusieurs temples ainsi que le parc d'animaux rares ont quant à eux disparu.

A proximité immédiate du palais, l'église de l'Archange-Saint-Michel (Церковь с колокольней), construite en 1737-1738, est le plus ancien bâtiment du domaine. La statue du dôme représente l'archange saint-Michel. Le clocher en bois et la flèche dorée furent ajoutés en 1792. Derrière se trouve l'imposant bâtiment des cuisines (Кухонный флигель, 1756-1757). En arrivant par l'entrée principale actuelle, on découvre sur la droite, avant d'arriver au palais, les petits pavillons de terre cuite entourés d'une clôture de la Ménagerie (Менажереи, reconstruit en 1980) et, face au petit plan d'eau, la Grotte (Грот) et la Maison italienne (Итальянский домик). Aménagée par Fiodor Argounov au milieu du XVIIIe siècle, la Grotte, aux couleurs jaune, blanche et verte qui figure la demeure de Neptune, est ce qu'il y a de plus remarquable à Kouskovo : l'intérieur est frais et spacieux et les deux cabinets latéraux sont revêtus d'un décor de verre, de sable et de stuc incrusté de coquillages (architecte Johannes Fokt de Saint-Pétersbourg). Elle abrite une exposition de porcelaines fines de toute l’Europe. Tout à côté, la Maison italienne, construite en 1754-1755 sous la direction de l'architecte Y. Kologrivov dans le style Renaissance tardif, abrite aujourd'hui des peintures du XVIIIe siècle.

De l'autre côté du palais, devant un petit étang, se trouve la Maison hollandaise (Голландский домик), de 1749, édifice en brique rouge orné d'un fronton en gradins, dans le style des demeures des Provinces-Unies de la fin du XVIIe siècle. L'intérieur est revêtu de carreaux de faïence traditionnels et de toiles de peintres hollandais. Entre le palais et la Maison hollandaise se dresse le Chalet suisse (Швейцарский домик), un pavillon de chasse réalisé par Nicolaï Benoit en 1870.

Derrière la palais, les allées du parc, conçu dans le style géométrique des jardins à la française (французский регулярный парк с мраморной скульптурой), sont jalonnées de nombreuses sculptures allégoriques (statues du dieu du fleuve grec Scamandre, de Minerve déesse de la sagesse, etc.) et d'un obélisque commémorant la visite en ces lieux de l'impératrice Catherine II. En s'enfonçant dans le parc, on découvre sur la gauche l'Ermitage (Эрмитаж, 1765-1767) dont les murs arrondis sont surmontés d'un dôme vert orné de la statue de Flore. Placée de façon symétrique par rapport à l'allée centrale, une grande volière (Вольер для птиц) a été restaurée en 1981-1986. Non loin de là, un théâtre de verdure (зеленый театр) de 50 places servait à des spectacles en plein air.

Au fond du parc, la grande Orangerie de pierre (Большая каменная оранжерея) avec son hall central réservé aux réceptions, construite en 1761-1762, abrite aujourd'hui un musée de la Céramique et de la verrerie avec de magnifiques collections de porcelaines et de faïences de fabriques russes et étrangères.

Kouskovo était en son temps renommé pour le faste de ses festivités (notamment en l'honneur de Catherine-la-Grande) et pour son célèbre théâtre de serfs créé dans les années 1760. C'est d'ailleurs pour une beauté serve, l'actrice Praskovia Kovalieva-Zhemtchougova, que le fils du bâtisseur du domaine, Nicolaï Chérémétiev, fit construire le palais-théâtre d'Ostankino (voir photo et son commentaire). Après la guerre de 1812, pendant laquelle il fut passablement endommagé, Kouskovo connut le déclin. Au XIXe siècle, les descendants de la famille Chérémétiev restaurèrent la palais. A partir de 1918, le domaine devint propriété de l’État et fut heureusement protégé. Le musée national de la Céramique (Государственный музей керамики) s’y installa en 1932. C'est aujourd'hui un ensemble-musée en très bon état qu'il est très plaisant de visiter mais aussi de parcourir au travers de ses allées régulières, pour les moscovites comme pour les touristes.

Vue générale de Kouskovo côté étang, en 1839 (peinture de N. I. Podkloutchnikov)
 

fermer la fenêtre