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La façade néo-classique
rose et blanc (en bois recouvert de plâtre) du palais-musée d’Ostankino (Московский музей-усадьба
« Останкино »).
Comme la résidence
moscovite de Kouskovo, le palais d’Ostankino fut
construit par les architectes serfs Argounov et Mironov pour les
Chérémétiev, une des plus riches familles de Russie. Le comte
Nicolaï
Pétrovitch Chérémétiev hérita du domaine de sa mère, la princesse
Varvara Mikhailovna Tcherkasskaïa. Mécène éminent, il fit édifier son
palais autour d’un théâtre, où une compagnie de 200 acteurs et
actrices, sélectionnés parmi ses serfs, jouait des pièces de son
choix.

En 1800, le comte épousa
une de ces actrices,
Praskovia Kovalieva-Zhemtchougova (Zhemtchougova étant son nom de scène), fille d’un forgeron, née en 1768, dotée d’une voix
magnifique, d’un sens de l’art unique, d’une beauté rare.
[ci-dessus le portrait de Nikolaï Pétrovitch Chérémétiev entouré de
deux autres portraits de son épouse] Retirés dans
leur palais, ils purent fuir la réprobation de la bonne société, mais
malheureusement Praskovia mourut trois ans plus tard dans leur
palais de Saint-Pétersbourg,
quelques jours après avoir donné naissance à leur
fils Dimitri [sa dépouille repose en l'église de la Vierge-du-Signe
dans le monastère Novospasski à Moscou]. Le comte ne s’en remit jamais et délaissa la résidence d'Ostankino, qui resta à l’abandon. Le palais fut occupé en
1812 par le maréchal Ney de l’armée de Napoléon. Le comte Dimitri Chérémétiev fut le dernier à y résider en 1856. Tombé à nouveau en
désuétude, le domaine fut exproprié à la Révolution puis restauré en
1935-1946, à l’époque soviétique, et transformé en musée de l’art
serf.
Le palais d’Ostankino, avec son dôme vert et sa façade néo-classique
avec colonnes ioniennes, est d’une admirable sobriété. Construit en
bois, entre 1792 et 1798, il fut recouvert d’une couche de plâtre
imitant la pierre et la brique. Certaines parties ont été restaurées,
et le pavillon italien, dans l’une des ailes, est ouvert au public. Il
témoigne de la remarquable habileté des artisans serfs de Chérémétiev.
Les salles offrent un extraordinaire exemple de décor en trompe l’œil.
Des moulures en bois sculpté peint imitent le bronze, l’or et le
marbre, les planchers sont en marqueterie de bouleau et d’acajou, et,
dans le hall central, un énorme lustre en cristal est suspendu au
plafond orné d’une fresque. Le pavillon abrite une galerie de
sculptures, où l’on peut voir une tête romaine en marbre d’Aphrodite,
du Ier siècle avant J.-C.
Mais la plus belle partie du palais est le théâtre (Останкинский
театр) : une magnifique
salle en forme d’ellipse avec un
plafond peint soutenu par des
colonnes corinthiennes. En 1796, le bâtiment fut en partie reconstruit
pour afin d’y installer un système permettant de surélever le plancher
de l’auditorium, et de transformer ainsi le théâtre en salle de bal.
Un festival théâtral y est aujourd'hui régulièrement donné.


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